lundi 18 février 2013

Rythmes scolaires, concertons-nous !

J'ai assisté ce soir à la réunion de concertation sur les rythmes scolaires, organisée par la mairie de Paris à l'Espace Reuilly. Cette réunion était ouverte à qui voulait s'y rendre... Ca tombait bien. Les rythmes scolaires, c'est un peu mon obsession du moment. Je m'y suis rendue.

Réunion d'information et de dialogue sur les rythmes éducatifs, qu'elle s'appelait, cette réunion. Information et dialogue ! On nous vendait du rêve. On allait enfin être informé des projets du maire et pouvoir dialoguer avec l'équipe municipale sur la meilleure façon de mettre en place le décret tant décrié. J'avais préparé ma petite liste de questions, des suggestions. Ce décret, je le connais par coeur. Cette réforme, j'en maîtrise les subtilités. On allait - enfin ! - pouvoir avancer.

La bonne blague !

Première déconvenue : le manque de préparation et l'inadéquation de la salle aux nombre de participants. Les portes ont été fermées bien avant 18h45 (heure prévue de début de la réunion), victime de son succès. Des parisiens lambda ont trouvé porte close, de même que des militants de l'arrondissement, tous partis confondus. Comble de malchance, des membres du cabinet du maire de Paris ont également fait chou blanc. Les policiers n'ont fait aucune discrimination : trop c'est trop, dehors les retardataires ! Lesquels retardataires n'étaient pas techniquement des retardataires, juste des personnes moins en avance que les autres. Ça a râlé, on en a parlé dans le public... et le maire de Paris a fini par envoyer la maire de l'arrondissement en médiateur, laquelle maire d'arrondissement - une dame à laquelle je donnerais 60 ans passés à vue de nez de Doudette - ne risquait pas de se faire taper dessus, privilège de l'âge.

Tandis que ça râlait dehors, ça hurlait à l'intérieur de la salle. Ca hurlait tellement que moi, qui étais pourtant au neuvième rang, j'avais du mal à entendre ce qui se disait sur la scène, malgré les micros. Mon tympan gauche a subi les mêmes effets qu'après un concert des Rolling Stones à proximité de la sono. Il faut dire que le Monsieur de FO placé juste derrière mon fauteuil mettait un point d'honneur à s'égosiller dès qu'un élu ouvrait la bouche ! Dans les manifs, ça doit être entrainant et éviter l'usage d'un mégaphone. Dans une salle de spectacle, c'est particulièrement agaçant et peu confortable pour l'entourage.

Mettez ça sur le compte des caméras attirées par la présence de Bertrand Delanoë ou sur la mécanique destructrice de certains syndicats, trouvez leur toutes les excuses que vous voulez si ça vous chante. Reste que cette façon de ne pas laisser parler, d'invectiver, était à la fois mal élevée et contre-productive. Je n'imagine même pas ce que ces éducateurs braillards auraient pensé si les enfants qu'ils encadrent s'étaient conduit de la sorte. Résultat de leur comportement de sauvageons : le dialogue qu'on nous promettait n'a pas eu lieu. A chaque intervention d'un élu de Paris ou du recteur de l'Académie, la moitié de la salle hurlait et sifflait, sans écouter. Peu leur importait l'information fournie, ils gueulaient.

Non contents de s'époumoner pour un oui ou un non (et surtout pas à bon escient), les représentants des syndicats ont monopolisé le micro. Leur discours rodé n'avait pas pour objet de faire des propositions constructives sur la réforme des rythmes éducatifs. Ils critiquaient en bloc le gouvernement actuel, le précédent, l'Education Nationale en tant d'institution et peut-être même leur mauvaise étoile. En revanche, ils évoquaient peu (ou pas) ce qui était du ressort du maire de Paris, cette organisation du temps scolaire/périscolaire, objet de la concertation. Leur crédo : tout ou rien. Soit on remettait à plat l'école dans son ensemble, soit on ne faisait rien. Et d'hurler "Retrait ! Retrait !" dès que quelqu'un sur scène ou dans la salle tentait d'entrer dans le vif du sujet. Ils parlaient alors uniquement aux caméras, le retrait du décret n'étant pas du ressort du maire, auquel on demande seulement de l'appliquer.

Quant à l'information, on en a eu un peu. La mairie de Paris a évolué sur les rythmes, envisage désormais de mettre le périscolaire après la classe, soit une heure par jour, soit une heure et demi tous les deux jours. Elle devrait également mettre les moyens pour titulariser les animateurs précaires et recruter. Ça reste très flou sur le financement, même si Delanoë a admis que ce serait "cher, très cher". Et surtout, faute d'avoir commencé à travailler au niveau des arrondissements ou des conseils de quartiers sur des projets éducatifs territoriaux, on reste dans la déclaration d'intention quant aux modalités de mise en oeuvre. D'ailleurs, Delanoë n'exclut plus un report en 2014, il prendra sa décision en mai après avis du Conseil de Paris.

Je suis ressortie dépitée de cette réunion. Entre les syndicats et leurs obstruction systématique et violente et la mairie qui commence à peine à comprendre les enjeux et à travailler dessus, j'ai du mal à concevoir qu'on puisse être prêt pour la rentrée 2013. Ça me semble de l'utopie.

Pour finir de me déprimer, je me demande comment les enseignants vont passer le cap du XXIème siècle. Au recteur qui évoquait l'augmentation des moyens de formation des enseignants, une dame - sans doute enseignante elle-même - a hurlé "Ouais, par internet, la formation ! C'est nul !". Les applaudissements qui ont suivi sa saillie n'avaient rien d'encourageant. Tant que les enseignants ne concevront pas qu'ils peuvent trouver du positif dans une formation en ligne, moins coûteuse et plus adaptée à leur personne, comment pourront-ils introduire le numérique dans leur classe et utiliser le digital comme support d'enseignement ?

Après réflexion, je me demande comment on peut avancer et construire une école qui fonctionne avec tant de mauvaise foi, tant de réticence et si peu de dialogue et d'écoute. C'est à désespérer de notre société sclérosée. S'il faut passer outre les syndicats obtus, les fédérations de parents d'élèves béni-oui-oui, se retourner les manches et commencer à vraiment travailler, j'en suis. Mais tant qu'on restera dans ces postures, franchement, je me demande pourquoi que je m'investirais plus que je ne le fais déjà...

En attendant, j'espère que mon maire d'arrondissement organisera une réunion locale, sans caméra, où l'on puisse s'informer et débattre sereinement. Parce que là, franchement, cette réunion ou rien, c'eût été pareil.

26 commentaires:

  1. bon billet, really, même si je partage pas tout

    notre - j'insiste, le nous est on ne peut plus important, c'est un trésor national - Education nationale va virer à l'éducation publique américaine, si on ne fait rien...

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  2. Quelques réflexions qui - je l'espère - vous sembleront constructives :

    - A la rubrique " Information et dialogue " : Soyez la bienvenue dans notre profession. Les tours de table sont, paraît-il, permanents et la consultation une spécialité maison... Mais à qui donne-t-on la parole? Aux syndicats en manque de représentativité qui n'ont de cesse de s'opposer à toutes les décisions qui auraient l'audace d'être constructives? A moins que ce ne soit aux pédagogues n'ayant plus vu un enfant depuis fort longtemps et dont les lubies sont nombreuses?
    Je ne me souviens que trop bien de la réforme des programmes ayant eu lieu en 2008. Toutes les écoles primaires avaient comme obligation d'établir un rapport relatif à ce qui se faisait en classe et à ce qu'il aurait été souhaitable de faire pour améliorer la machine, remise un vendredi sans faute. Quel étonnement lorsque nous avons appris que la synthèse de tous les rapports de France était disponible le lundi suivant! 60 heures pour tout compulser, tout résumer... Ils sont sacrément forts au ministère. Je ne vous cache pas l'impression d'avoir été pris pour des "cons" et le regret d'avoir travaillé plusieurs heures pour "ça".
    Comment donc avez-vous pu espérer être entendue dans ces conditions? C'est regrettable, les parents d'élèves de mon école ont des choses très intéressantes à proposer.

    - Pour ce qui est de passer le cap du XXIème siècle je ne peux malheureusement parler que pour mon propre compte. Après avoir exercé 7 ans dans le métier, visité 12 écoles (mon répertoire téléphonique faisant foi, il a une meilleure mémoire que moi) et enseigné dans chacun des 8 niveaux je suis au regret de vous informer que je n'ai jamais ne serait-ce que vu un tableau blanc interactif (trop cher même dans le 5ème, rue de Poissy). Alors bien sûr les Technologies de l'Information et de la Communication ne se résument pas au TBI mais sachez qu'il est déjà très difficile, pour moi qui exerce actuellement en maternelle, d'obtenir un appareil photo (par école, hein) afin de pouvoir fournir une trace du travail de mes élèves à leurs parents.

    En ce qui concerne l'aspect non matériel de la chose le "Ouais, par internet, la formation ! C'est nul !" semble émaner d'une sombre idiote dont les qualités argumentatives sont pour le moins limitées. Cependant, bien que féru de nouvelles technologies la formation professionnelle à distance montre clairement ses limites. Je m'en explique en deux mots : présent 8 heures par jour au sein de l'école dont 6h45 passées avec mes élèves de 3 ans j'utilise un vocabulaire assez soutenu (je l'espère) pour améliorer leurs capacités langagières - sans les perdre pour autant - mais il reste très en deçà (c'est le moins que l'on puisse dire) d'un langage d'adulte. Alors non, n'ayant au maximum qu'une heure quinze minutes de discussion avec mes pairs par jour, je ne souhaite pas gommer les seules relations humaines qui subsistent dans mon métier. Être professeur aussi paradoxal que cela puisse sembler c'est être seul et je pense pouvoir généraliser un peu en vous disant que nous aimerions un peu plus d'humain dans notre métier (travail d'équipe, tout ça, tout ça).

    Pour le reste je suis obligé d'acquiescer, c'est un immense gâchis une fois de plus. Merci de m'avoir lu, j'essaie de vous transmettre notre projet comme convenu sur Twitter.

    Adrien Perdriaux, un ancien juriste devenu prof par conviction (peut-être).

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  3. Bjr

    Je vous cite :

    Tant que les enseignants ne concevront pas qu'ils peuvent trouver du positif dans une formation en ligne, moins coûteuse et plus adaptée à leur personne, comment pourront-ils introduire le numérique dans leur classe et utiliser le digital comme support d'enseignement ?

    Je ne suis pas enseignant mais parent de 3 élèves, chef d'entreprise en SSII et j'ai 45 balais

    Vous semblez confondre accompagnement des enfants avec des outils numériques et des cours en ligne derrière un ordinateur.

    Ces mêmes "enseignements" qui nous ont été fournis dans les années 90-2000 ? Notamment pour les cours de langues étrangère et qui on fait leur preuves : Tous les français parlent couramment 5 langues.

    Avec un ordinateur : au 22 février tous les enfants de CE2 doivent connaitre la table de multiplication des 7 pour que l'ordinateur puisse passer a la table des 8.
    Sauf que ma fille a compris le fonctionnement de la table des 9, qu'elle connait donc dans le désordre mais a encore du mal avec la table des 7.
    BUG de l'ordi !

    Mais par contre vous avez raisons nous ferions des économies. Si c'est pour mettre mes enfants seuls devant un ordinateur avec une machine pour "professeur" autant les laisser a la maison nous ferions des économies de bâtiments.


    Mais heureusement l'enseignement n'est pas un PB comptable.
    Mr Sarkozy nous a montrer que reduire le nombre d'enseignant et le nombre de jour est une abberation.

    Et au fait ...: le numérique ne cesse de s'introduire dans les écoles et HEUREUSEMENT les enseignants sont toujours la pour accompagner les enfants

    Guillaume

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  4. Bien triste ce récit d'une concertation qui vire au pugilat, et les collègues parisiens donnent une piètre image de la profession. Cette réforme est sans doute mal emmanchée, mais nécessaire. Il faut qu'ils tiennent bon, les politiques, ils ont été élus par le peuple, pas les professeurs, aussi énervés et compétents soient-ils. Foi d'enseignante.

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  5. D'accord avec votre billet pour l'essentiel.

    Cela dit, un commentaire à : « Tant que les enseignants ne concevront pas qu'ils peuvent trouver du positif dans une formation en ligne, moins coûteuse et plus adaptée à leur personne, comment pourront-ils introduire le numérique dans leur classe et utiliser le digital comme support d'enseignement ? » sous la forme de deux billets :
    http://gingko.neottia.net/post/31760789111/education-en-ligne
    http://gingko.neottia.net/post/32669553000/la-vraie-revolution-digitale

    Bonne lecture.

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  6. Ton blog , doudette, m'a fait hurlé de rire ! Depuis les années 60 , c'est le même topo : beaucoup voudrait faire avancer les choses mais il y a toujours en face ceux qui crient , hurlent ,invectivent , injurient etc...Conclusion pour les parents, ne pas attendre que l'education nat. se réforme, dans 20, 40, 60, on en sera au même point,et les enfants auront grandi.....

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  7. Il est urgent de mettre un coup de balai dans les syndicats (en plus, non représentatifs), corporatistes, rétrogrades et conservateurs, qui ne voient que leur propre intérêt, et ignorent l'intérêt général.

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  8. Même si ça me fait un peu mal aux fesses, je suis plutôt d'accord ave les syndicats, pour une fois. On va réaménager les horaires hebdomadaires sans rien changer au contenu de l'enseignement. Pour quelle bénéfices ? C'est un mauvais remède à un problème bien plus profond, tout comme l'est l'embauche de 60.000 fonctionnaires de plus.
    Tant qu'a se confronter au monstre (l'éduc nat) autant y aller franchement, ça permettrait à ce gouvernement de laisser derrière lui au moins une réforme valable.

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  9. " il (le maire) prendra sa décision en mai après avis du Conseil de Paris."
    Il y a une exception parisienne?
    Avant le 9 mars: décision à annoncer aux conseils régionaux
    Avant le 31 mars: décision à annoncer au DASEN

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  10. Bonjour,
    je suis représentant des parents d'élèves dans une maternelle parisienne. Comme vous, j'ai participé à la réunion hier soir et, comme vous, j'ai été outré par le comportement des représentants des différents syndicats d'enseignants, incapables d'écouter, incapables d'argumenter, incapables même de respecter les plus élémentaires règles de politesse et de respect de l'autre. J'ai toujours été du côté des enseignants et je le resterai. Mais leurs représentants, à la représentativité justement de plus en plus relative, donnent une bien piètre image de leur profession. Je ne vois vraiment pas comment nous allons pouvoir faire cette réforme (face à laquelle, en tant que parent, je suis pour le moment très dubitatif sur les conditions de sa mise en oeuvre) avec des "partenaires" si opposés à tout et si éloignés des réalités. Il ne faut pas s'étonner ensuite que, parmi la population, l'on juge les syndicats d'enseignants archaïques et conservateurs. Cette image déplorable dessert malheureusement celle des enseignants dans leur ensemble, et c'est bien le plus dommage

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  11. Bonjour,

    Je me permets une remarque. "Les" syndicats, cette appellation me dérange toujours. Je suis syndicaliste (Sgen-CFDT) et je ne me reconnais pas dans les procédés que vous décrivez. Ne pas laisser parler, invectiver, refuser le dialogue ne font pas partie de mes principes syndicaux.
    La question des rythmes est prégnante, difficile, mais ce n'est pas par l'opposition que nous ferons avancer les choses.
    Il faut un vrai débat entre tous les partenaires, ceci dans l'intérêt des élèves.
    Je concluerais en ajoutant que dénigrer les partenaires de l'école (notamment les animateurs) me choque. Nous sommes tous des professionnels et nous nous devons un respect mutuel.
    L'affaire me semble très mal engagée à Paris.

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    1. Oui vous avez raison de faire cette précision. en l'occurrence, hier soir, j'ai surtout vu des représentants du SNUipp et de SUD Education. La CFD dans son ensemble, ceci dans le public comme dans le privé, a toujours fait montre d'une volonté de dialogue et de consensus plus grande.
      Je suis aussi d'accord avec votre remarque concernant les animateurs. C'est un des points qui m'a également extrêmement choqué hier : la tension - pour ne pas dire davantage - entre enseignants et animateurs. Je me suis dit "ouhlalala, ça va être coton de construire un projet pédagogique concerté avec autant d'animosité..." Bref, une fois de plus, l'intérêt de l'enfant était totalement absent.

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  12. Entre certains profs qui se pensent plus professionnels que tout le monde (il y en a même pour dire que les enfants sont forcément mieux en classe qu'au périscolaire... ça va les chevilles...),

    Entre certains syndicats qui font du beuglage-blocage-conflit leur unique mode de fonctionnement (et vu qu'ils beuglent comme des ânes, on a tendance à n'entendre qu'eux et à se méprendre sur leur représentativité)

    Entre certains citoyens qui imaginent que leur propre situation personnelle est forcément représentative du reste des familles ("comment Gudule va-t-il pouvoir continuer à suivre ses cours de russe et de violon le mercredi matin s'il y a école ?"), oubliant que pour beaucoup, les mercredis après-midi, samedis matins et soirs de semaine suffisent très bien à caser les quelques activités sportives ou culturelles qu'ils peuvent s'offrir,

    ...Beaucoup oublient que cette réforme vise avant tout à étaler sur 5 jours les apprentissages qui étaient, jusque-là, condensés sur 4, et que, rien que pour cela, c'est une bonne décision, urgente pour nos enfants.

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  13. Votre site est très intéressant, je compte l'ajouter à mes liens intéressants.

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  14. Billet intéressant. Merci Doudette.
    Sans aucun doute y a t-il des syndicats prêts au dialogue et la bonne intelligence et... Les autres.
    Je suis plus dubitative sur le numérique à l'école et recommande cette lecture : http://www.laviemoderne.net/lames-de-fond/037-l-acculture-en-serres.html (écrit par celui qui avait produit l'excellent billet : "comment j'ai pourri le web", il y a qques mois).
    Bonne lecture et bon courage pour le côté Parisien de la réforme car dans notre petite ville bretonne de 6000 habitants on s'écoute encore sans beugler.

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  15. Excellent témoignage. On peut le compléter avec le regard de Maryline Baumard, journaliste du Monde, qui a assisté à la même foire... hem, discussion : http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2013/02/19/bertrand-delanoe-fait-un-pas-vers-les-enseignants-parisiens/

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  16. J Claude Guiguet19 février 2013 18:56

    Affligeant ! Je me permets juste de faire ici un copier-coller de la réaction de "Charivari 15h02"... en ajoutant cependant qu'en tant qu'ex- enseignant j'ai..; très beaucoup honte (comme dit mon petit fils).

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  17. Bonjour,

    J'étais pour ma part à la réunion précédente organisée par la mairie de Paris, à la salle Japy dans le 11ème arrondissement.
    Mêmes acteurs, même scénario.

    Pourtant, entre-temps, Delanoe a "cédé" (puisqu'il faut tout analyser en termes de rapports de force...) à la demande des enseignants et renoncé à l'allongement de la pause du midi (pourtant probablement mieux pour les enfants, surtout en maternelle, et moins chère pour la mairie!).

    Ne serait-ce pas le signe qu'il s'agit bien d'un refus pur et simple de travailler le mercredi matin?

    Tout cela est excessivement politique et nuit gravement aux intérêts des enfants!

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    1. Je suis parent et je ne vois pas en quoi l'allongement de la pause méridienne peut être bénéfique, au moins ds l'école de mon fils.
      Un dortoir de 30 lits superposés pour les 2 classes de petits, un préau de la taille d'une salle de classe pour les 120 autres qui se retrouvent donc dehors ou assis devant la télé sous la surveillance d'animateurs (qui n'ont pas hésité à passer pirates des caraïbes à des enfants de maternelle car c'est Disney et des pirates...!)
      Alors désolée ms je préfère qu'il commence plus tard ou finisse plus tôt, ainsi nous nous débrouillerons pour ne pas l'y laisser puisque ce n'est pas obligatoire)

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    2. La volonté d'allonger la pause méridienne se fonde sur de nombreux travaux de chronobiologie - ceux de Montagner et Testu, en particulier - qui tendent à montrer que l'enfant (comme l'adulte, d'ailleurs)connaît une chute de son attention entre le repas et 15 heures. Mais cette reprise de l'attention, dépend de très nombreux facteurs et n'est pas systématiquement avérée. Parmi ces facteurs : le fait que la pause méridienne soit effectivement une pause, relaxante, non stressante, sans trop de bruit, dans des espaces adaptés etc. Ce ne serait manifestement pas le cas dans l'école de votre fils (qui ressemble diablement à ce que nous connaissons avec notre petite fille, elle aussi en maternelle à Paris). De surcroît, cette question de la reprise de l'attention fluctue beaucoup selon l'âge de l'enfant.
      La qualité actuelle du périscolaire - je ne parle que de Paris - est aujourd'hui effectivement extrêmement hétérogène et se résume encore trop souvent, faute de moyens, faute de projets au niveau des centres de loisirs, dans des locaux inadaptés, à de la pure garderie fatigante pour les enfants. Je ne prends que mon propre cas : comment se fait-il que je récupère, le mercredi soir, une petite fille absolument épuisée, ce qui n'est pas le cas les jours où elle a classe ? Réponse : du bruit, des locaux trop petits, du personnel qui change constamment (et c'est un vrai problème chez les petits enfants : l'absence de référents stables dans ces garderies géantes), des activités inadaptées (en janvier, alors que les températures étaient négatives, et que, si je ne me trompe, la végétation est en repos hivernal, ma fille est allée faire un atelier... découverte de la nature au bois de Boulogne pendant une demi-journée ; si on voulait la dégoûter des plantes, il ne fallait pas s'y prendre autrement, bravo !). Nous en sommes, avec trois autres familles, à envisager un système où chacun prendrait un "tour de garde" une fois par mois pour éviter aux enfants d'aller au centre de loisirs. Nous avons la chance d'avoir des employeurs conciliants, nous pouvons nous permettre de rogner sur une (petite) partie de notre rémunération pour mettre en place ce système de garde tournante. Ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde, au contraire.
      Je suis pour l'instant assez dubitatif sur les conditions de mise en oeuvre de cette réforme. Mais si les enfants qui fréquentent les centres de loisirs parisiens peuvent y passer uniquement une demi-journée le mercredi, et plus une journée entière, je trouve que c'est déjà un grand progrès.

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  18. Juste pour compléter, la formation en ligne n'est pas moins chère que la formation traditionnelle. La répartition des coûts ne se fait pas de la même façon.

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  19. @ Amauve : je suis consternée ! C'est pas chez nous que ça se passerait ainsi ! Quelle misère ! Bien contente d'avoir pu fuir Paris !

    Sapientia.

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  20. @Charivari:
    Dans l'école parisienne où j'enseigne(ZEP 5), je suis persuadée que les enfants seraient beaucoup mieux en classe avec moi qu'en périscolaire.
    Ils se battent pour venir en aide personnalisée ou en accompagnement éducatif (aide aux devoirs) le soir avec moi.
    Il y a une quantité affolante d'accidents sur le temps du midi, une foule d'incidents sur ce temps que les animateurs ne règlent pas. (coups, agression en bande, harcèlements, attouchements!)
    Les compte-rendus de conseils d'écoles parisiennes regorgent de plaintes de parents à ce sujet.
    Sur 8 animateurs, seuls 4 se montrent consciencieux.
    Les autres se baladent avec le téléphone portable en consultant leur profil FB, bavardent entre eux et ne surveillent rien du tout, insultent les élèves, les bousculent, distribuent des bonbons à leurs élèves préférés (alors que les bonbons sont interdits à l'école) leur hurlent dessus, ne les aident pas à régler les conflits (ils leur disent carrément de voir ça avec nous), voire se lancent des noms d'oiseaux et s'agressent entre animateurs devant les élèves.
    Et ce n'est pas faute d'essayer de les aider, de travailler avec eux pour harmoniser les règles, expliquer comment se comporter face aux enfants. Résultat: ça dure 1 ou 2 jours et c'est reparti comme avant !!
    Dans une autre école (loin de Paris), j'ai connu un animateur qui venait ivre, et un autre qui était trafiquant de drogue (Ces 2 cas, TOUS les connaissaient, même le maire qui nous a répondu qu'il n'avait personne d'autre sous la main).
    Donc, j'estime ne pas avoir les chevilles qui enflent en disant que, mes élèves seront nettement mieux avec moi qu'en périscolaire.

    Tant que cette fonction servira à recaser des gens de passage, des contrats précaires payés des clopinettes, il ne pourra pas y avoir un périscolaire de qualité partout.
    Je n'en veux pas à ces personnes, il faut bien manger pour vivre, mais faudrait quand même penser qu'on DOIT les former, elles sont tout de même en contact avec des enfants!!

    Quand ma collègue de maternelle me dit qu'elle peine à retrouver un climat serein avec ses GS l'après-midi parce pendant toute la pause méridienne, on leur a hurlé dessus, je doute que ce soit par orgueil mal placé. Quand elle essaie de donner des conseils aux personnes concernées, on la prend de haut...

    Concernant cette réforme, je pense que le plus simple et le moins cher, c'est de remettre la classe le samedi. C'est tout de même ce qui est préconisé par les "chrono-biologistes" Si réellement l'intérêt de l'enfant est en jeu...

    Ou de permettre les 4 jours avec vacances raccourcies pour ceux qui le souhaitent. Certains département fonctionnent comme cela depuis plus de 20 ans sans que ça soit un souci pour les apprentissages.
    Les résultats scolaires ont commencé à chuter bien avant 2008. Dommage qu'aucun média n'essaie d'analyser ça...
    Pendant ce temps, on ne parle pas de RASED, d'accueil des enfants handicapés, de structures spécialisées, du manque de médecins scolaires ou d'assistantes sociales, ni de la lourdeur des programmes, ni de la violence croissante dans certains établissements, ni des effectifs de classes qui s'alourdissent.
    Dommage qu'il n'y ait pas une grande campagne informant aux parents quels sont les besoins en sommeil de leur enfant en fonction de leur âge, de la nécessité d'un bon petit-déjeuner, ou de limiter l'accès aux écrans. J'exerce en milieu très défavorisé, avec des familles souvent explosées et beaucoup de parents ignorent tout de ces choses.
    Certes, je sensibilise les enfants et certains parents mais je pense qu'une campagne nationale, ce serait vraiment bien.

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    1. La situation que vous décrivez mérite a minima un signalement à la Ville de Paris. Le directeur de votre établissement s'en est-il chargé ?

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    2. Madame ou bien Monsieur, je ne suis pas stessy971 mais je me permets de répondre.
      La situation décrite ci-dessus n'est malheureusement pas isolée, je pense même que l'on pourrait parler de norme.
      Alors, je ne sais pas si le directeur de l’établissement où enseigne Stessy971 a rédigé un rapport à la Ville de Paris plus particulièrement(bien que je sois certaine qu'ils en aient eu, à minima, un certain nombre d’échos) mais cette situation généralisée est dénoncée depuis bien des années notamment lors de ces nombreuses manifestations tant décriées. Les classes surchargées, les programmes inadaptés, l'évaluation qui prend le pas sur l'enseignement, les élèves qui trainent leur scolarité comme un fardeau faute de structures adaptées; pire faute à la suppression/dégradation de ces structures adaptées (SEGPA, EREA...)...sont des éléments bien connus de nos supérieurs hiérarchiques et dirigeants. Je suis en lycée et ne peux malheureusement que me rendre compte des terribles conséquences de ces trop nombreux "dysfonctionnements" qui, bien que dénoncés de manière régulière (retour aux rectorats via les inspecteurs d'académie, les syndicats, les rapports de direction, les jours de grèves....), ne tendent pas à disparaitre.

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  21. Merci pour ce blog instructif et interactif! De nombreux regroupements se font jour pour proposer des arguments en faveur du report de cette réforme....peut-être serait-il efficace de les rassembler avant d'en faire part à la Mairie de Paris qui va donner sa réponse au gouvernement courant mars (elle a en théorie jusqu'à fin mars)? Je ne sais pas si c'est possible. En même temps, si la mairie reçoit 36 pétitions signées sur à peu près le même sujet, ça a du poids aussi! En tout cas, je vous informe de l'existence de celle de parents d'élèves du 5ème arrdt mais ouverte à tous les parents d'élèves parisiens...d'ailleurs, je l'ai signée et suis d'un autre arrdt! Voici son lien : http://www.petitions24.net/demande_de_report_de_la_reforme_des_rythmes_scolaires

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