samedi 2 février 2013

Les députés, ces élèves mal élevés

Cette semaine, pour la première fois de ma vie, j'ai allumé la télévision pour regarder... une séance publique de L'Assemblée Nationale. Le débat portait sur de l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, lequel est le nom technique - et approprié - du mariage pour tous, dont nous avons notamment causé ici et . La Chaine Parlementaire a diffusé une partie des interventions sur son réseau câblé. Mais c'est le site internet de l'assemblée nationale, lequel diffuse l'intégralité des débats, qui nous a surtout été utile.

Une manipulation de nos réseaux wifi/ethernets et je-ne-sais-trop-quoi par le Doudou et soudain c'est sur la télé que l'image et le son ont été diffusés. Magiiiiique... Comme la télé est dans le salon, les enfants ont bien entendu profité des échanges de nos élus ainsi que des rappels à l'ordre et au chronomètre émis d'une voix de stentor par le Président Bartolone, pour lequel l'heure c'est l'heure et deux minutes, c'est deux minutes.

Et là, plus que le fond, c'est la forme qui a intéressée le Poussin, goguenard, devant la télé. 

D'abord, pendant les déclarations des députés avant le débat stricto sensu, le Poussin et la Poussinette jouaient à savoir si le député à la tribune était pour ou contre le texte. Le premier qui avait trouvé gagnait. Il ne leur fallait en général pas plus de deux phrases pour connaître la position de l'orateur. Comme quoi, nos députés sont prévisibles. 

Quand Copé et Fillon ont parlé, le Poussin s'est étonné qu'ils soient députés (il les imaginait beaucoup plus haut dans la hiérarchie)... et que Mélenchon ou Marine Le Pen, qu'il avait beaucoup entendus pendant la campagne présidentielle, ne le soient pas... il ne trouvait pas ça normal. Avant même qu'on ait eu le temps de lui expliquer les effets du prisme médiatique et ce qu'était un scrutin majoritaire, le Poussin avait déjà changé de sujet.

Il riait à gorge déployée lorsque des députés s'énervaient, criaient et râlaient contre une déclaration d'un de leur collègue d'un avis différent du leur. Cette façon de manifester son mécontentement le renforçait dans son constat que les adultes ne sont finalement que de grands enfants mal élevés.

Mais c'est hier, pendant les débats sur les amendements à l'article Premier du texte, que le Poussin s'est le plus amusé.

L'Assemblée, c'est comme l'école, sauf que les élèves n'écoutent pas le maître., nous a-t-il affirmé, péremptoire au bout d'un quart d'heure de débat. 

A force d'entendre les rappels aux règlement quasi-systématiques après chaque prise de parole, le Poussin s'est étonné "nan, mais quand même, nous, à l'école, quand on ne respecte pas le règlement, on est puni. Eux, même pas !" Et lorsque certains députés faisaient des commentaires bruyants tandis que l'un de leurs collègues discourait "M'enfin, ils ne peuvent pas le laisser parler ?! C'est pas poli d'interrompre les gens." Notons ici que le Poussin aime l'ordre et le respect de l'autorité... sauf quand il s'agit de ses parents qui lui demandent de se laver les dents et d'aller au lit. Nul n'est prophète en son pays. 

Donc, quand Bartolone distribuait les bons points et les mauvais points, le Poussin, légaliste, trouvait ça très bien. Et quand le micro était coupé après deux minutes d'intervention, le Poussin soulignait que, quand on faisait un exposé, il fallait faire en fonction du temps imparti. Dépasser, c'est pas bien... "Si les députés savent qu'ils n'ont que deux minutes, pourquoi ils ne s'entrainent pas pour tout dire en deux minutes ?" Tiens, oui, pourquoi ?

Le mieux du mieux, c'est quand le Président Bartolone a suspendu la séance et a demandé à voir les Présidents de groupes en privé. Le Poussin, cette graine de procureur, était tout sourire "il va les gronder et leur dire de gronder les députés ! Bien fait !".

Et c'est fort de cette certitude que le Poussin est allé se coucher : les députés pas sages seraient sermonnés.

6 commentaires:

  1. Sous le contrôle des nombreux juristes qui trainent par ici. La formule "rappel au règlement article 58.1" n'est pas un rappel au règlement au sens commun du terme, mais une possibilité que le règlement donne aux députés de prendre la parole pour 2 minutes sur la forme du débat


    "Les rappels au Règlement et les demandes touchant au déroulement de la séance ont toujours priorité sur la question principale ; ils en suspendent la discussion. La parole est accordée à tout député qui la demande à cet effet soit sur-le-champ, soit, si un orateur a la parole, à la fin de son intervention.

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    1. Ne va pas dire que mon fils n'a pas compris ;) (la mère prend le pas sur la juriste dans ces cas là).

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  2. Tout ceci nous confirme une chose : les députés sont représentants du peuple dans tout les sens du terme...

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  3. J'aime beaucoup les remarques du poussin.

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