samedi 29 septembre 2012

Ni Dieu ni maître...

Ni Dieu, ni maître, tel est mon credo !

Question lancinante du libre arbitre, de l'indépendance, des choix que l'on fait... et de ceux qu'on refuse de faire.

Interrogation légitime sur les moteurs qui nous font avancer et les chemins qui nous guident.

Ni Dieu ni maître, vraiment ?

Je suis indépendante, je prends seule les décisions qui me concernent, je refuse de me soumettre à une quelconque autorité autre que légale... Je le dis. J'en suis persuadée. 

Mais jusqu'à quelque point est-ce vrai ? 

Je ne crois pas en Dieu... mais, chaque fois que l'avion décolle, j'ai cette petite prière qui me vient de je ne sais où. Je ne suis encartée nulle part mais je crois au libéralisme raisonné. Centriste malgré les partis. Centriste à côté des partis. Je tiens à ma liberté de parole, à ma liberté de jugement. Être encarté, si cela signifie soutenir la ligne du parti dès que l'on s'exprime publiquement, je ne sais pas faire. Je ne sais pas la fermer. Insolente, notaient les profs. Grande gueule, approuvent mes chefs. C'est plus fort que moi, il faut que j'ai un avis sur tout, tout le temps. Un avis à moi... 

A moi ? Réellement ?

Jusqu'à quel point sommes libres ? Ne sommes nous pas le produit d'un environnement ? Quel est l'influence de notre famille ? de nos amis ? de notre entourage professionnel ? Qui sait ce qui est inné et acquis ? Et dans l'acquis, quelle est la part que avons-nous digérée et analysée, qui est devenue notre point de vue après que nous y avons apporté le filtre nécessaire à la réflexion personnelle... et quelle est la part que nous avons ingurgitée et absorbée sans le moindre recul ? 

Ni Dieu ni maître, je l'affirme... et pourtant j'ai des mentors, qui ont façonné mon éducation, qui m'ont appris à travailler, des références culturelles, sociétales et politiques. Ce sont eux, là, dont les ombres planent au dessus de moi, telles des oiseaux rebelles. Que vaut alors l'expression maître à penser pour celle qui s'affirme sans dieu ni... maître ?

Et tous ces cercles dont je suis membre, par la force des chose, notamment par conscience professionnelle, que représentent-ils ? N'ai-je pas, pendant treize ans, honoré un serment qui m'obligeait ? Certains m'ont appelée maître, moi qui ne supporte aucune allégeance ! Ne suis-je pas la première à défendre les politiques que mon employeur met en place, consciente que le mot politique - pour définir ce qui n'est finalement qu'une règle interne - n'est pas anodin ? N'ai-je pas accepté que mes enfants soient à la fois juifs et catholiques, excluant de fait toute autre religion ? Et toutes ces cartes de fidélité qui encombrent mon portefeuille, que sont-elles d'autre que des promesses faites à des marques, nouvelles religions mercantiles, de leur être fidèle ?

Ni Dieu ni maître, je le répète. 

Car tel est le constat que je fais de ma vie. 

Malgré tout ce qui est rappelé ci-dessus, malgré les influences, malgré mon côté groupie et corporate, je reste libre. 

Sans doute parce que je ne suis jamais totalement bien intégrée où que ce soit... 
Parce que je me tiens soit au centre de toutes les attentions, soit à côté de la porte, prête à sortir au premier appel d'air... 
Pas vraiment dans le cercle, en bordure de la communauté. 
Vite étouffée par le groupe, me méfiant de ce groupe comme de l'effet qui porte son nom. 
Besoin de changement. 
Souvent. 
Ni Dieu ni maître, oui. 
En un sens. 
Parce que singulière. 
Parce que jamais 100 % d'accord avec qui que ce soit, avec quoi que ce soit. 
Parce que refusant d'être endoctrinée, craignant d'être phagocytée, refusant toute récupération de ce que je suis ou représente.
Ni Dieu ni maître... parce que profondément ego-centrée !

Pas de quoi être fière.

25 commentaires:

  1. un Dieu, quelques maîtres à penser, et je m'espère profondément libre.
    Pire, ma foi m'indique que je ne suis pas celui qui dira tout de l'autre, il faudra que je consente à ce qu'il me l'enseigne ou me le fasse découvrir, je consens à des choses que parfois je m'explique encore mal.
    Pire, j'ai appris mon recul avec des hommes dont j'aimais la lecture amoureuse et pertinente...

    un Dieu, des maîtres, et libre, de plus en plus.

    ça ne m'empêche pas, parfois, de me tenir bien en arrière, respirant par des fenêtres de mes autres univers... pour ne pas penser en "totalité" comme dirait Lévinas.

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    1. et voilà pourquoi et comment tu es beaucoup plus intelligent que moi :)

      Sur le fond, comment t'accommodes-tu de la doctrine de l'Eglise ? Tu arrives à être d'accord avec tout ce qui est dit ou fait ? (ceci est une vraie question, pas un trollage)

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    2. je m'en accommode au mieux, au sens où je pressens que le mystère qui m'habite, que je découvre, dépasse de loin ce que j'en sais ou que je saurais en affirmer. Du coup, les "dogmes" sont un peu ma résistance du mystère... Et à force de découvrir, on se découvre aussi une écoute bienveillante, pour "entendre" même quand ça va pas dans le sens de mon intuition première. sur la doctrine, c'est assez simple. Sur d'autres sujets, c'est plus complexe.
      Pour ce qui est de "l'obéissance", j'essaie de garder avant tout l'écoute bienveillante (celle qui cherche pas la petite bête au premier abord mais cherche à comprendre ce que l'autre veut dire)et tout peu à peu s'équilibre. de temps en temps, je grogne, parce que la forme est un tue l'amour, et ça devient vachement indigeste.
      Enfin, l'Eglise comme telle ne parle toujours ni d'une seule voix, ni avec la même autorité... et l'avantage de la connaître de l'intérieur, c'est qu'on se fait assez vite une opinion sur la théologie ou la tendance qui se planque derrière telle ou telle affirmation. Juste prise de distance pour absorber comme il se doit.

      et sinon, non, je ne suis pas plus intelligent que qui que ce soit... je cherche avec obstination!

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    3. J'aime bien cette idée de "chercher avec obstination" même si ça demande un temps que nous, pauvres mortels, n'avons pas toujours. Alors, nous marchons "avec obstination" sans trop savoir où nous allons.

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    4. Je me sens assez proche de ce que vous exprimez, en particulier cette volonté farouche de conserver votre indépendance d'esprit.

      Ce que je comprends entre les lignes c'est que vous affirmez votre athéisme mais qu'en même temps vous "avouez" qu'il vous arrive de prier. N'est-ce pas un manière habile de mettre en doute votre incroyance ?

      Par là vous rejoignez ceux qui se disent "globalement" croyants mais qui parfois doutent.

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    5. Chercher avec obstination ? Non, pour moi il faut aller voir du côté de Picasso..." je ne cherche pas, je trouve"... Aymeric

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    6. Dans cet avion, quand je "prie", c'est surtout à mes enfants que je m'adresse, un dernier message avant une mort certaine... ou pas.

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    7. "je ferme les yeux et je demande à un truc-machin-chose qui n'existe pas de prendre soin de mes enfants et de leur faire une belle vie. C'est plus fort que moi..."

      Vous invoquez truc-machin-chose, et vous parlez de prière alors que vous auriez pu simplement raconter votre pensée qui à ce moment va vers vos enfants. C'est une espérance, qui rejoins ma conception de la foi: l'espoir de l'amour de Dieu.

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  2. et quelques uns de mes maîtres sont là... http://davidlerouge.fr/index.php?post/2008/05/22/simple-comme-bonjour/

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  3. Joli billet Doudette !

    On n'a qu'une seule liberté : comprendre de quelle manière nous sommes enchaînés, par nos passions, par notre éducation, par la société...

    C'est donc un bel acte de liberté d'essayer de comprendre, comme tu viens de le démontrer.

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    1. Merci, je crois également que nous ne serons jamais totalement libres mais que nous nous y efforçons et la compréhension de soi est un chemin vers cette liberté.

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  4. un saint qui te parlera peut-être, alors...

    "John Henry Newman affirme la primauté de la conscience sur l'autorité du pape, mais aussi sur celle des autorités civiles [cela] suscita quelques interrogations à Rome, mais il n'y eut pas de réactions défavorables" (wikipédia)

    http://www.newmanfriendsinternational.org/french/?p=140.

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    1. je respecte la loi, c'est là mon moindre défaut :)

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  5. « L'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. » (Rousseau)

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    1. Jolie citation... que je crois que j'approuve (même si je vais y réfléchir pour être bien certaine qu'il n'y a pas un sens caché).

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  6. Pour moi:
    Ni Déesse, ni Maîtresse...
    Fidèle!

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  7. Nous avons apparemment en commun toi et moi, l'incapacité à entrer/rester dans un moule. Moi non plus je ne me suis jamais intégrée nulle part. Quand j'étais jeune, je feignais ce qui m'évitais la solitude. Avec l'âge j'ai appris à préférer l'isolement à une intégration factice.

    Là où nous différons cependant, c'est que j'ai un Dieu. Mais comme je ne suis pas sainte malheureusement, il n'est pas mon maître, en ce sens que je ne Lui obéis pas vraiment ou suffisamment ...

    Ma liberté, c'est celle qu'Il m'a donnée.
    Parfois, trop souvent, sous prétexte de j-ai-envie, je me soumets à de mauvais maîtres, paresse bien souvent (d'autres aussi parfois), qui me font perdre ma liberté.
    Je me console en essayant de garder au moins la liberté de penser juste. Et quand je n'y arrive pas, par humilité, je patiente avec obstination pour retrouver cette liberté de penser juste. Et je crois sincèrement que c'est par la patience obstinée et l'humilité qu'on parvient vraiment à la liberté qui permet de ne pas transformer ses désirs en maîtres.


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    1. on peut arriver à des résultats semblables en empruntant des chemins différents et cette liberté nous va bien à toi, comme à moi, je trouve (oui, je nous lance des fleurs)

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    2. Merci à Koz de m'avoir fait découvrir ce blog. Beau billet.

      Amicalement.
      Al.

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  8. Je crois que je ne me pose pas trop la question finalement, je fais au gré de mon évolution personnelle et comme je le sens... Si même j'avais un dieu, ce serait mon choix donc je ne le sentirais pas comme imposé... idem pour un maître !
    Évidemment que nous sommes influencés de toute part, qu'on en soit conscient ou non...
    L'essentiel c'est d'être bien dans la vie qu'on s'est choisi et de ne pas emmerder les autres avec son dieu ou son maître ;) puisque c'est un choix personnel !

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    1. J'aime ! Aymeric

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    2. je suis bien d'accord avec ça : ne pas emmerder les autres :)

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  9. Juste pour dire que depuis des lustres j'utilise "Doudette" comme mot de passe universel, histoire de ne pas l'oublier et que sur mon mollet droit est tatouée la phrase "Ni Dieu, ni Maître"!!!! Coincidences amusantes! Quoi qu'il en soit, ravie de découvrir ce blog! Bonne continuation Doudette (ça fait bizarre car d'habitude, Doudette, c'est moi!!!!)

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