lundi 23 juillet 2012

La France, les juifs, Pépé et la mémoire


Hier, le Président de la République, à l'occasion de la cérémonie en mémoire des 70 ans de la rafle du Vélodrome d'Hiver, dite Rafle du Vel d'Hiv, a prononcé un discours qui me semble important. Un discours en deux temps : d'abord, le passé, le rôle de la France et des français s'agissant de la Shoah ; ensuite, le présent, l'antisémitisme moderne, le devoir et les moyens de lutter contre sa prolifération.

Les deux parties du discours me semblent également essentielles.



Le Passé

La première partie du discours, celle qui a été la plus commentée (cf. l'intéressant billet de Koz et le résumé des propos de Guaino qui se dit scandalisé) porte sur la responsabilité de la France dans cette rafle et plus généralement de la responsabilité de la France dans l'extermination des juifs de France, des juifs en France.

Ce que dit Hollande c'est ça :

La vérité, c'est que la police française, sur la base des listes qu'elle avait elle-même établies, s'est chargée d'arrêter les milliers d'innocents pris au piège le 16 juillet 1942. C'est que la gendarmerie française les a escortés jusqu'aux camps d'internement.
La vérité, c'est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l'ensemble de l'opération.
La vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France.
On peut gloser sur la place du régime de Vichy et celle du gouvernement de Londres, on peut se poser la question de la légitimité des pleins pouvoirs donnés au Maréchal Pétain et des suites que cette décision a engendrées. La vérité historique et institutionnelle peut sans doute être discutée, être débattue et sans doute les historiens et les juristes trouveront une réponse.

Reste la vérité des hommes.

La vérité d'un homme.

La vérité de Pépé. 




Pépé est né français le 7 août 1865, par filiation dit sa carte d'identité, ce qui laisse entendre que ses parents étaient français également. En 1942, Pépé est à Paris.

Pépé a deux grands fils, qui ont peu ou prou mon âge maintenant. L'aîné est à Nice. Le cadet est prisonnier de guerre en Allemagne, officier de l'Armée française. Pépé a également deux petits fils, enfants du militaire. En 1942, au moment des rafles du Vel d'Hiv, les deux petits fils sont orphelins de leur mère, décédée quelque temps plus tôt d'une tuberculose mal soignée. C'est Pépé qui est responsable des enfants, leur père étant alors, impuissant, baladé d'Oflag en Oflag, officier, certes mais juif d'abord.

Pépé croit en la France. 
Il croit en la loi française. 
Il croit en la police française.

Quand on lui demande de venir se faire recenser, Pépé fait la queue pour voir sa carte d'identité poinçonnée de l'infamant cachet "Juif". L'administration française ayant déjà ces habitudes de bureaucratie lente, désorganisée et tatillonne qui ne l'ont pas quittée, Pépé attend des heures, assis sur un trépied. Il attend patiemment qu'on lui permettre de se mettre en règle. Plusieurs fois, Pépé reviendra, à intervalles réguliers, faire renouveler sa carte de français juif, confiant de ce que, puisque la police française s'en charge, il ne risque rien de mal.

Pépé porte l'étoile jaune. 
Ostensiblement. 
Parce que la loi française en dispose.
Depuis toujours, Pépé respecte la loi française. 
La loi de son pays.

Londres ? 
le Général de Gaulle ? 
Je ne sais même pas si Pépé en a entendu parler. 

Ce qui le préoccupe, Pépé, c'est sa survie, celle de sa famille. Ses deux petits fils cachés en forêt par des communistes (lesquels communistes n'ont sans doute jamais mentionné le nom de Gaulle). Les rafles, l'une après l'autre, embarquent ses proches, ses cousins, ses amis. Dans le 12ème arrondissement de Paris, où il vit, peu sont ceux qu'il fréquente qui reviendront vivants.

Alors, Monsieur Guaino, vous êtes libre de vous sentir scandalisé, libre de hurler avec les loups, mais à l'échelle de Pépé et de tous ceux qui - comme lui - ont eu à subir les humiliations et exactions du régime de Vichy, ce sont bien, comme le dit Hollande, des français, représentant de l'autorité de la France, des policiers bien de chez nous, qui ont agi. 

De Gaulle était loin. De Gaulle n'était rien encore...  

C'est donc la France, une certaine France, qui est responsable de ce que dans ma famille, on continue encore de murmurer, quand les enfants sont couchés et qu'on peut enfin parler entre grands :

N'oublie jamais que tu es juif, il y aura toujours quelqu'un pour te le rappeler.


Le Présent

Or, comme en écho à ces murmures familiaux, la seconde partie du discours du Président évoque le présent. L'antisémitisme re-naissant. Le retour de la bête immonde.

Il ne doit pas y avoir en France une seule école, un seul collège, un seul lycée, où elle [la Shoah] ne puisse être enseignée. Il ne doit pas y avoir un seul établissement où cette histoire-là ne soit pleinement entendue, respectée et méditée. Il ne peut y avoir, il n'y aura pas, pour la République, de mémoire perdue. (...)

Rien, en la matière, n'est indifférent. Tout sera combattu avec la dernière énergie. Taire l'antisémitisme, le dissimuler, l'expliquer, c'est déjà l'accepter. (...)


L'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est une abjection. Pour cela, il doit d'abord être regardé en face. Il doit être nommé et reconnu pour ce qu'il est. Partout où il se déploie, il sera démasqué et puni.

Toutes les idéologies d'exclusion, toutes les formes d'intolérance, tous les fanatismes, toutes les xénophobies, qui tentent de développer la logique de la haine, trouveront la République sur leur chemin.
Le Président a raison quand il condamne ceux qui tente d'expliquer l'antisémitisme par des considérations géo-politiques, quand il insiste pour qu'on enseigne la Shoah dans toutes les écoles, malgré les réticences de certains enseignants, désemparés face aux préjugés véhiculés par certains élèves.

On n'explique pas le racisme.

On n'explique pas l'homophobie.

Il n'y a pas à expliquer l'antisémitisme.

Libres et égaux en droits, dans une République laïque, le juif a exactement les mêmes droits et devoirs que toute autre personne, sans considération de religion ou d'origine.

Merci, Monsieur le Président, d'avoir rappelé ces quelques vérités qui, toutes portes ouvertes enfoncées qu'elles soient, ne sont - hélas - pas entendues par tous.


Parce que vous l'avez beaucoup mieux fait que je ne pourrais le faire, je vous laisse, Monsieur le Président, le soin de conclure.

Chaque samedi matin, dans toutes les synagogues françaises, à la fin de l'office, retentit la prière des Juifs de France, celle qu'ils adressent pour le salut de la patrie qu'ils aiment et qu'ils veulent servir : « Que la France vive heureuse et prospère. Qu'elle soit forte et grande par l'union et la concorde. Qu'elle jouisse d'une paix durable et conserve son esprit de noblesse parmi les Nations ».
Cet esprit de noblesse, c'est la France tout entière qui doit en être digne.
Enseigner sans relâche la vérité historique ; veiller scrupuleusement sur le respect des valeurs de la République ; rappeler sans cesse l'exigence de tolérance religieuse, dans le cadre de nos lois laïques ; ne jamais céder sur les principes de liberté et de dignité de la personne ; toujours promouvoir la promesse de l'égalité et de l'émancipation. Voilà les mesures que nous devons collectivement nous assigner.
C'est en pensant aux vies qui n'ont pu s'accomplir, à ces enfants privés d'avenir, à ces destins fauchés prématurément que nous devons porter à un niveau plus élevé encore les exigences de nos propres existences. C'est en refusant les indifférences, les négligences, les complaisances, que nous nous rendrons plus forts ensemble.
C'est en étant lucides sur notre propre histoire que la France, grâce à l'esprit de concorde et d'union, portera le mieux ses valeurs, ici et partout dans le monde.
Vive la République !
Vive la France !

43 commentaires:

  1. Comme quoi, ton fils avait bien repéré en voulant voter Hollande ;-)

    Rappel nécessaire ... surtout par les temps qui courrent, où les idées nauséabondes pullulent...

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    1. Oui le rappel est nécessaire...

      (sinon, on peut reparler du ministère du redressement productif si tu veux ;)

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  2. très beau billet, poignant et émouvant.
    merci à toi

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  3. J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'un commentaire critique sur un sujet aussi sensible. Face à ce discours de procureur, je vous prie de prendre en compte quelques remarques qui sortent du cadre de l'objection habituelle: "Le Vel d'Hiv, c'est la mauvaise France, celle de Vichy et donc la bonne France, celle de Londres, n'est pas coupable". C'est un argument spécieux et un argument de guerre civile, tout aussi manichéen que le discours de Hollande qui se veut historiquement définitif.

    Il serait pourtant bon de se rappeler que l'histoire est davantage présente pour poser des problèmes que pour apporter des réponses toutes faites. Face à la Shoah, il y a une exigence d'intelligence et d'honnêteté intellectuelle autant que de compassion. En l'occurrence notre président y manque.

    Premier exemple: la culpabilité par les policiers et les gendarmes français. Quel pourra être le contenu du discours commémoratif d'août 2014 pour les 70 ans de la libération de Paris qui ne pourra que célébrer l'action de la police parisienne. Les policiers grévistes d'août 1944 ne sont-ils pas les mêmes que les policiers rafleurs de juillet 1942? En deux ans la police parisienne n'a pas été renouvelée que je sache. Alors, coupables en juillet et libérateurs en août?

    Pas un allemand dans l'exécution! D'ailleurs ils n'ont rien demandé et n'ont pas fait de chantage. Voilà un bon moyen de noyer la question du dilemme qui se posait pour l'essentiel des fonctionnaires et membres du gouvernement de Vichy. Jusqu'où tenir face aux injonctions de l'occupant sans provoquer de catastrophe? J'aimerais bien mettre un de nos moralistes rédacteurs de discours dans ces conditions et voir s'il fait mieux.

    Quant au couplet de deuxième partie, j'aime beaucoup la déclaration d'amour aux "idéologies d'exclusion". C'est une conclusion très robespierrienne et vous me permettrez de ne pas la goûter en rappelant simplement que le député Robespierre fit un magnifique discours sur l'abolition de la peine de mort avant de prendre fait et cause pour la Terreur. Sur ces questions, refuser d'expliquer, c'est refuser de comprendre et se rendre incapable de rendre coup pour coup.

    En résumé, le reproche essentiel que je fais à ce discours est de porter haut l'arrogance et le sentimentalisme, là où tout devrait exiger intelligence et humilité.

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    1. Merci pour ce point ee vue qui tranche un peu.

      Je ne me permettrais pas de faire un cours d'histoire, je ne m'y connais pas assez. Mon point de vue est subjectif. L'Etat français a fait preuve d'un excès de zèle qui a coûté la vie à la majorité de ma famille. Qu'il y ait eu des français exemplaires, c'est certain. Qu'on se soit servi de l'appareil d'Etat pour aider à décimer des juifs, c'est aussi un fait.

      Sur le besoin d'expliquer, je pense - mais peut-être que je me trompe - que c'est une erreur. Il faut revenir à l'individu et aux principes d'égalité. Le reste me semble risqué. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de détester l'autre parce qu'il est juif. Rationaliser, c'est donner prise à un discours pseudo-politico-sociologique qui me gêne.

      Après, je suis peut-être naïve, utopiste... Mais le Président aussi ^^

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  4. C'est bien dit, bien écrit et oui que ça plaise ou non aux pauvres français d'aujourd'hui (descendants de...) qui se sentent trahis ou accusés par ce discours, c'est la vérité de l'époque. Les parents de mes grands parents sont morts dans les camps parce que des gentils français qui n'avaient rien à craindre de personne ont fait plus que leur devoir...
    Et en dehors de ce devoir de mémoire qu'il faut continuer à faire, preuve en est que ça recommence tous les jours, ce discours sur la haine et l'antisémitisme était nécessaire. pour certains sur Twitter, le Président a dit des évidences et des banalités mais il faut les dire et redire jusqu'à ce que l'on n'ait plus besoin de le faire...
    Rien ne sera jamais banal quand il s'agira d'antisémitisme, de racisme, d'homophobie, aucune phrase qui les condamnera ne pourra être taxée de banal...

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  5. encore merci pour tant de justesse et de clarté!

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  6. Suite à notre joute sur Twitter (désolée pour les autres lecteurs, il vous faudra vous reporter à nos TL ;) ), je me suis lavé les dents (oui oui) et j'ai encore réfléchi à ce qui me gêne dans ce billet... (bon et pour être honnête, encore plus dans les réactions que j'ai pu lire : ce sont elles qui m'ont bien plus énervée).
    Au-delà de nos positions irréconciliables mais explicables ;) sur le "expliquer" (que j'applique pour ma part non au fait de vouloir débattre avec les antisémites (inutile) mais de retracer et comprendre (qui n'a rien à voir avec le fait de justifier) leurs raisonnements pour mieux les combattre), ce type de billet tourne en rond. Comme pas mal d'autres sur ce sujet, une partie relève de la posture (la partie mémorielle, personnelle, est passionnante, c'est le reste qui me pose problème tout comme le discours de F. Hollande) : on se convainc entre farouches opposants à l'antisémitisme que nous avons bien raison de l'être et nous nous autocongratulons de voir à quel point nous sommes bons et éclairés et pleins de sens moral. Et quand on commence à s'autocongratuler, il n'y a plus de pensée, il n'y a que dogmatisme et diabolisation. Et c'est là que j'ai de plus en plus de mal avec les discours anti-antisémites : on y trouve désormais une paresse intellectuelle qui prend pour acquis le fait que "l'antisémitisme c'est mal et point final", avec un contentement de soi qui transparaît dans l'absence totale de nuance et une violence incroyable. On est dans un raisonnement pathologique, "si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi". Il y a ceux qui pensent bien et ceux qui pensent mal, ceux qui ont le Bien de leur côté et ceux qui incarnent le Mal. Le progrès est dans la nuance, non dans l'oukaze. Et il ne s'agit pas tant pour moi que la cause anti-antisémite "sauve" des antisémites en les convaincant de leur erreur, mais plutôt qu'elle ne tombe pas dans leurs errements. La pensée anti-antisémite doit absolument être la plus précise, nuancée, et intellectuellement irréprochable pour vaincre.

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    1. Sur le point que tu contestes, le billet reprend les propos du Président, propos qui me semblent importants.

      Sur la nécessité de nuance, en théorie je suis d'accord... en pratique, je crains que ce ne soit inefficace en ce que cela ouvre une porte sur un débat qui me semble dangereux.

      Je ne sais qui a raison ou qui a tort, en cette matière, comme dans beaucoup d'autres, certaines convictions sont irréconciliables... Mais avec des sourires et de l'humour, nous devrions pouvoir nous en accommoder ^^

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  7. Excellent texte, au ton juste et émouvant. Il est nécessaire de répéter que toute forme de discrimination de l'être humain en raison de sa race, de la couleur de sa peau, de ses convictions religieuses ou politiques est à proscrire. La bête immonde qui peut revêtir plusieurs formes est tapie prête à bondir! chems-eddine Hafiz

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  8. Très bien. Vous dites ce qu'il faut.
    Lisons ou relisons "La marche à l'Etoile" de Vercors.

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    1. Il faudrait relire plus souvent Vercors. On l'étudiait au collège de mon temps...

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  9. Une question intéressante soulevée par ce billet http://www.opex360.com/2012/07/23/rafle-du-veldhiv-un-discours-et-des-questions/
    En gros : de quelle France parle-t-on au moment de la Rafle.

    En revanche, par pitié, ne vous infligez pas les commentaires dudit billet !

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    1. Merci pour le lien, je vais aller voir.

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  10. Je n'ai évidemment aucune objection à la seconde partie du discours d'Hollande. Y compris sur sa phrase selon laquelle "l'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est une abjection".

    Sur la première partie, je ne vais pas reprendre mon billet. Mais je crois qu'au final, il s'agit nécessairement de conceptions différentes de "la France", ou sans parler de conceptions différentes, du fait que nous faisons peut-être référence à des acceptions différentes.

    Il y a la France institutionnelle, juridique. A titre d'exemple, quand la France vote au Conseil de sécurité à l'ONU, je ne remets pas en question le fait que ce soit "la France" qui vote. Mais je ne considère pas pour autant que ce soit la "France éternelle" (pour reprendre une expression connue), même si le pouvoir en place devrait s'en souvenir et savoir qu'il porte aussi cette responsabilité.

    Surtout, on ne peut pas passer sous silence ceux qui ont continué le combat, sur le sol national, à Londres ou en Afrique. Tous ceux là se sont battus aussi parce que la France, elle ne pouvait pas capituler devant les nazis. Ceux-là sont parfois morts les armes à la main, ont parfois enduré la torture, ont parfois été déportés. On ne peut pas sacrifier une mémoire pour une autre. Alors, bien sûr, ils n'étaient pas majoritaires, mais les collaborationnistes non plus. On sait bien que la majorité était principalement occupée par ses conditions de vie.

    Bref, le fait qu'une partie de la France se batte contre une autre interdit de considérer que "la France" était ici ou là. A défaut de considérer que la France était à Londres ou dans la Résistance, c'est la moindre des justices à leur rendre.

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    1. Sur le fond, en regardant la globalité et avec le recul du temps, je suis d'accord avec toi.

      Mais reste que, avec une approche subjective in situ, la France en tant qu'Etat, celle dont tant de juifs étaient citoyens, reste celle de Vichy... Peut-être qu'avec les nouveaux modes de communication, Internet notamment, qui propagent l'information, la situation serait différente si elle devait se reproduire.

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  11. J'ai une question : ne pensez-vous pas qu'il y a un abîme entre ce que vous écrivez d'abord ("ce sont bien, comme le dit Hollande, des français, représentant de l'autorité de la France, des policiers bien de chez nous, qui ont agi"), et le paragraphe qui suit et qui reprend la thèse défendue par le Président de la République ("C'est donc la France, une certaine France, qui est responsable") ? Des Français, certes. La France, vraiment ? Ceux qui ont pensé et agi différemment, qui ont donné leur vie pour cela, ne sont-ils pas la France ?

    D'autre part, reconnaître la responsabilité morale de la France dans la Shoah, c'est poser la question de sa responsabilité civile et pénale. Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. C'est sur cette base que la SNCF a été condamnée récemment, pour avoir transporté les déportés vers les camps de la mort.

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    1. Mon point de vue et subjectif et donc temporellement daté. Comme je le dis, dans la réponse au commentaire précédent, si l'on se place aux moments des faits, la France c'est Pétain.

      La perspective institutionnelle et historique n'est pas de mon ressort, je ne suis pas assez calée pour répondre.

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  12. C'est fou comment cette réalité historique est encore débattue aujourd'hui. Au moment où je félicitais intérieurement le Président pour son discours j'ai appris qu'il y avait des détracteurs!

    Ce qui me peine encore plus c'est que l'antisémitisme est encore bien vivant, dans le 15e de Paris je reçois des pamphlets et les graffitis antisémites pullulent

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  13. Très beau billet très émouvant... On n'apprend tout ça à l'école, mais on a rarement l'occasion de lire un article d'une "vraie" personne. Je suis contente que notre président a tenu ce discours car nous devons arrêter de faire l'autruche. Effectivement, "l'antisémitisme n'est pas une opinion mais un abjection", une aberration même. Bonne journée à toi.

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  14. Le billet est très beau.

    "Perdre la guerre ne fait pas perdre pour autant la vie, perdre la guerre c'est se perdre soi mêmes, tes valeurs, ta justice, ton honneur tout appartient à celui qui t'a vaincu."

    Ce n'est pas des détracteurs forcement, c'est juste que la repentance trouve pour ma part une trop grande place, contrairement à ce que dit Hollande la Shoah est une partie importante du chapitre d'histoire de la 2ème Guerre Mondiale comme l'esclavage, la guerre d'Algérie...

    Je comprends que ces évènements obscurs de notre histoire soit remise en mémoire et analysés mais ce que ces gens veulent dire c'est qu'il faudrait que le programme d'histoire donne aussi envie d'aimer ce pays qui à résister quand même à l'occupant, qui a organisé sa reconquête grâce aux alliés (peu ou beaucoup, il est plus facile de juger le passé du futur que l'inverse).

    Bien sur que la la rafle du Vel d'Hiv est une honte et l'antisémitisme une aberration mais personne n'a dit le contraire !

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    1. "comme l'esclavage et la guerre d’Algérie"

      J'entends par la dans le programme général d'histoire bien sur.

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  15. Je découvre ton blog aujourd'hui, grace à Hellocoton et tenais à te dire que cet article est superbe et tellement vrai en pleine polémique qui n'aurait pas lieu d'etre...

    Merci!

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  16. Merci Doudette d'avoir évoqué ton Pépé avec autant de justesse.
    En pensant au mien, qui n est pas revenu des camps, je voudrais claquer le nauséabond monsieur Guaino. Avant même le conflit, la France a appliqué une politique de la nationalité qui ressemble sauvagement aux déclarations des Gueant Guaino et autres "bons français"
    Et c était la France qui retirait la nationalité à des citoyens qui avaient combattu pour elle dès 1914
    En analysant la période 1900 1930 on voit en action la France nationaliste et antisémite, puis une France sociale et plus ouverte....
    Dans les deux cas, n en déplaise à Henri Guaino, c était la France et pas l étranger.
    En bon politichien monsieur Guaino sait que la mémoire est l ennemie des liberticides de son acabit.
    Se souvenir, c est déjà lutter et c est combattre les politiciens à la mémoire courte, voire bas du front.
    Allez Henri la France c est un tout !!
    Et comme disait qqn TU l aimes ou tu la quittes

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  17. Il faut se plonger dans l'histoire.
    En temps de guerre les lois de la république sont remplacées par celles mises en place pour que le pays puisse réagir, se défendre, gérer au mieux les interêts du peuple.
    Parler des lois de la république dans ce cas est inutile, elles ne sont pas appliquées, ceci est prévu dans la constitution.
    Tous les documents attestant de cette période sont maintenant accessibles (délai des 60 ans).
    Annie Lacroix-Riz l'a fait pour la période 1930-1940, et continue de la faire pour la suite.
    Un exemple: les héritiers Renault essayent de faire réhabiliter leur nom, par une campagne médiatique en 2011 alors que les textes prouvent que les usines ont bien collaboré, surtout par intérêt financier ...

    Je suis profondément humaniste, bien évidemment révulse par l'horreur de ce crime de masse.
    Mais j'ai connu un Pépé qui était dans la police à l'époque.
    Il a sauvé tous ceux qui étaient sur sa liste en les prévenant 24h à l'avance qu'ils allaient être arrêtés.
    Sur les 26000, 13000 ont été déportés, 13000 ont été sauvés grâce à des policiers qui ont désobéi aux ordres venant d'en haut.
    Les policiers qui ont désobéi l'ont fait au péril de leur vie.
    Les petits enfants de ceux là ne veulent pas lire le discours de Hollande, car la mémoire de leur Pépé n'y est pas ...

    Pour finir je prône la réconciliation et l'égalité.
    Certains le communautarisme et la séparation.

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