lundi 9 septembre 2013

The end

Pour des raisons que j'explique ici, j'ai décidé de mettre ce blog en sommeil.

Mais ce n'est pas une mauvaise nouvelle.

Parce que j'ai ouvert un nouveau blog :


N'hésitez pas à vous abonnez !

A bientôt là -bas.

mardi 16 juillet 2013

Comment on ne va pas résorber le chômage

Il y a quelques jours, je t'expliquais, lecteur, que devoir mettre un terme au contrat de travail de SuperNounou était un crève-coeur pour toute la famille et combien c'était triste. Je croyais partager ma tristesse avec vous mais, heureusement, un lecteur anonyme m'a rappelé la dure réalité de la vie : je suis indécente. Si j'étais "normale", je ne créerais pas un emploi, mieux, j'en libèrerais un pour m'arrêter de travailler et m'occuper de mes enfants... comme tout le monde. Les gens normaux ne peuvent pas employer un salarié, ils n'en ont pas les moyens, dès fois que ça m'ait échappé.

Soudain, grâce à mon lecteur anonyme, j'ai réalisé que - contrairement à ce que j'avais toujours cru - c'est MAL d'employer quelqu'un pour garder des enfants, parce que c'est la PREUVE qu'on est plus riche que d'autres et ça, tu vois, on ne DOIT PAS.

Ok, donc, je ne dois pas employer quelqu'un. Mais si mon lecteur anonyme était cohérent, il n'irait pas travailler pour ces salauds de "riches" qui ont les moyens d'employer et de déclarer un salarié à domicile. On ne doit pas aller travailler pour l'ennemi. C'est lui faire trop d'honneur.

Cette réalité m'a soudain sauté au visage. Une épiphanie !

On ne doit pas travailler pour le MAL. Il faut refuser ces fonctions là.

En conséquence, outre les particuliers employeurs, le chômeur ne DOIT PAS non plus aller travailler pour :

- les banques ou les assurances parce que la finance, c'est l'ennemi;
- l'industrie agro-alimentaire parce qu'ils exploitent les paysans;
- les agriculteurs parce qu'ils utilisent des pesticides;
- les fabriquants de pesticide parce que les pesticides, c'est le mal;
- l'industrie chimique en général, parce que la chimie, ça pollue;
- l'industrie automobile, parce que les autos, ça pollue (aussi);
- les industries en fait, parce que t'en connais, toi, des sites industriels qui ne polluent pas du tout du tout ?;
- le bâtiment, parce que les immeubles, c'est pas beau et qu'il y a des polacks que cassent le marché (comme les portos avant eux);
- le commerce textile parce qu'ils font fabriquer au Bangladesh;
- l'industrie IT parce qu'ils font fabriquer en Chine;
- les restaurateurs, parce qu'ils achètent des produits tout faits à l'industrie agro-alimentaire susmentionnée;
- les fast-food, parce que c'est pire que les restaurateurs;
- les avocats, les médecins, les huissiers et autres professions réglementées, parce que c'est que des voleurs;
- [compléter la liste par votre bête noire du moment]

On ne PEUT PAS non plus travailler pour l'Etat parce que l'Etat n'a pas de sous et qu'il ne remplace plus les fonctionnaires qui partent à la retraite.

Du coup, on fait quoi ?

Monter sa petite entreprise, c'est bien ça. Si on montait un petite entreprise ?

Ah mais non ! N'y PENSONS PAS, l'auto-entreprenariat, c'est PAS BIEN, ça tue les artisans.

Tu vois, lecteur, c'est bien joli les idéaux mais ça aide pas à résorber le chômage.

Alors, moi, je vais te dire un truc : je suis fière d'avoir employé à plein temps une salariée pendant 7 ans, d'avoir déclaré chaque centime que je lui versais, de l'avoir aidé à cotiser à la retraite, d'avoir beaucoup appris sur le pays d'où elle venait, de l'avoir écouté parler de son Dieu à mes enfants, moi qui n'y croit pas, d'avoir eu de grandes conversations sur la société dans laquelle on évolue, sur l'éducation des enfants et les principes qui la régisse. Et jamais, jamais, je n'aurai honte d'avoir bossé comme une damnée - y compris parfois le soir et le weekend - pour pouvoir gagner son salaire. D'ailleurs, elle était la première à expliquer à mes enfants, notamment à ma fille, que si elle, leur nounou, travaillait et si moi, leur mère, je travaillais, c'est parce qu'il faut qu'une femme soit indépendante, que le travail fait l'être humain.

Gardez vos grands principes pour vous. Je travaille. Je ne compte pas m'arrêter. Et si aujourd'hui il ne m'est plus possible de financier un salarié à plein temps, je vais continuer à être employeur pour un temps partiel et à déclarer l'intégralité du salaire que je payerai. J'espère seulement que je trouverai quelqu'un d'aussi bien que SuperNounou auquel verser ce salaire.


vendredi 12 juillet 2013

Aujourd'hui, demain, hier...

Aujourd'hui, le Poussin a 9 ans.

9 ans !

Pourtant il est né hier.

C'est hier qu'avec le Doudou nous avons compté l'intervalle entre les contractions, le nez dans le PalmPilot du Doudou. Hier que nous sommes arrivés inquiets et excités à l'hôpital, en se demandant si on avait bien fait de venir. Hier que j'ai arpenté les couloirs, marchant inlassablement, et constatant que les contractions ça fait très mal au dos (oui, au dos !). Hier que le Poussin a pointé son petit museau sur un air de Benabar et que je l'ai aussitôt aimé. Hier que j'ai téléphoné mon père pour le lui annoncer et que sa seule réaction a été "c'est quoi ce prénom ?!". Hier que j'ai été impressionnée par la facilité avec laquelle le Doudou s'occupait de son premier fils. Hier que, pour la première fois, j'ai dit "c'est ma famille, ça, Monsieur".

Et c'est donc demain que le Poussin aura 18 ans. Demain qu'il pourra voter. Demain qu'il passera son permis de conduire et me narguera parce que je n'ai pas le mien. Demain qu'il aura - ou pas - son baccalauréat.

Demain...

Par un hasard du calendrier, c'est également aujourd'hui que SuperNounou nous a quitté. Nous n'avons plus besoin d'une salariée à plein temps, plus les moyens de nous offrir ses services, au regard de l'augmentation des impôts et de la réduction des aides. Elle n'a pas voulu d'un temps partiel et d'un commun accord nous nous sommes séparées. Aujourd'hui, elle et moi avons été très émues et les enfants sont en larmes, inconsolables de perdre leur SuperNounou. SuperNounou était arrivée chez nous après la naissance de la Poussinette, il y a 7 ans. Il y a un siècle donc. J'ai beau me dire qu'à leur âge, les enfants n'ont plus besoin d'une nounou à plein temps, d'autant que - pendant les vacances scolaires - les enfants sont toujours en vadrouille, j'ai beau me convaincre que nous sommes dans une situation justifiée par la crise économique actuelle, je suis triste.

Triste de perdre SuperNounou qui est vraiment une nounou extraordinaire.
Triste que mes enfants soient ainsi malheureux.
Et en colère après les décisions inefficaces du gouvernement, mais ça c'est une autre histoire !

Je réalise que le temps passe vite, que bientôt les enfants seront adolescents, que bientôt ils seront adultes. Je voudrais arrêter le temps, les serrer dans mes bras et leur dire que notre vie est parfaite. Je voudrais pouvoir garder SuperNounou, juste pour leur faire plaisir.

Mais voilà, il faut accepter le temps qui passe. Accepter que les enfants deviennent autonomes, accepter que les nounous s'en aillent. Accepter le changement.

J'aime pas le changement !

samedi 15 juin 2013

La politique dans mon quartier

Il ne t'aura pas échappé, lecteur bien informé, que nous sommes à moins d'un an des élections municipales. Personnellement, je ne vote pas à Paris mais j'y habite en semaine et, dès lors, suis très attentive à la politique de mon quartier. En outre, je vis dans un arrondissement charnière, de ceux qui feront parait-il le prochain maire de Paris : le XIIème arrondissement.

Le maire actuel, Michèle Blumenthal, est une dame très bien, que j'ai croisée à chaque manifestation auxquelles j'ai participé, ce qui prouve qu'elle se motive pour des causes nobles, n'est-ce pas ? Je l'ai également aperçue à la gare de Toulon mais ça, c'est juste parce que elle est moi prenons le train plutôt que l'avion. Elle a fait du bon boulot pour l'arrondissement (et c'est une centriste qui le dit !). La rumeur veut qu'elle s'accroche à son siège, d'autant qu'une autre rumeur nous annonce un énième parachutage de l'UMP. Cette accrochage s'expliquerait par une dernière rumeur qui prétend que le maire actuel, forte de sa légitimité, serait la seule à pouvoir battre Nathalie Kosciusko-Morizet si elle se présentait ici. Voilà pour les rumeurs.

Or, Michèle Blumenthal a quasiment le même âge et sans doute la même enfance difficile que ma mère. Il me semble qu'elle a mérité de prendre sa retraite, d'autant qu'elle en a largement dépassé l'âge légal. Je ne crois pas, contrairement aux rumeurs susmentionnées, que faire campagne à plus de 70 ans dans un arrondissement avec beaucoup de familles très bobos, soit un facteur de réussite. Le fiasco annoncé de la réforme des rythmes scolaires n'aidera pas à la faire réélire. Et même dans l'électorat plus populaire, on cherchera un maire plus dynamique, qui donne l'impression de pouvoir faire bouger les choses.

De la même façon, je ne suis pas certaine que si Nathalie Kosciusko-Morizet se présentait par ici, elle soit accueillie avec des brava et des hourra. L'habitant du XIIème arrondissement en a un peu assez qu'on ne le connaisse que parce qu'on l'a traversé en roller et, malgré les efforts de Charles Beigbeder pour faire des petites passages sporadiques, on se souvient plus de lui pour son comptage des cortèges des manifestations anti-mariage pour tous que pour ses visites éclair au marché d'Aligre. Son site personnel sur le XIIème n'a d'ailleurs pas été mis à jour depuis la fin de la campagne aux législatives.   

Si les partis m'écoutaient, ils investiraient des militants engagés dans l'arrondissement depuis des années, des gens qui nous connaissent et que l'on connaît. Des jeunes qui ont envie de se retrousser les manches.

J'ai trois noms pour eux.
Un par parti.
Je vous invite à les suivre sur twitter et sur leur blog.
Pour vous permettre de faire des comparaisons, je vous mets le lien vers les articles qu'ils ont écrit sur la réforme des rythmes scolaires, qui - comme vous l'aurez noté, lecteurs assidus - est un peu ma marotte. Les voici, par ordre alphabétique.


Pour le PS, Catherine Baratti-Elbaz. Je connais Catherine depuis des années mais, jusqu'à il y a peu, elle ne savait pas que Doudette et moi ne faisions qu'un, la magie de l'anonymat. Nous avons siégé dans les mêmes conseils d'école, où Catherine représentait la mairie, à la fois ouverte à nos remarques de parents d'élèves inquiets et ferme sur les positions municipales. Catherine connaît parfaitement bien l'arrondissement, qu'elle arpente le jour et (parfois) la nuit. Bon, après, elle est socialiste mais nul n'est parfait...



Pour l'UMP, Alexandre Bouchy. Je n'ai jamais rencontré Alexandre mais nous avons beaucoup échangé sur les réseaux sociaux. Alexandre a su implanter l'UMP localement, a organisé des réunions, est allé à la rencontre des habitants et ça, tu vois, c'est déjà un exploit. Il a fait la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet pour la primaire de l'UMP à Paris et s'est dans la foulée déclaré candidat à la candidature à la mairie d'arrondissement. Il n'est pas impossible qu'on lui impose un candidat déçu à la primaire, voire Nathalie Kosciusko-Morizet elle-même. Ce serait, je le crains, le pire qui puisse arriver. L'arrondissement n'élira jamais un Frank Margain ou Charles Begbeider, qui se sont aliénés la droite libérale et progressiste, très présente dans nos contrées de l'Est parisien boboïsant, avec leurs positions contre le mariage pour tous.



Pour l'UDI, Benoit Pernin. Je n'ai jamais rencontré Benoit mais je connais et apprécie plusieurs des membres de son équipe. Benoit est un hériter. Son père et son grand-père furent maire de l'arrondissement. Il le connaît parfaitement et y est bien implanté. Il n'a pas ménagé ses efforts au cours des derniers mois pour comprendre les besoins des habitants et rencontrer les acteurs sociaux locaux en organisant, de façon systématique et régulière, des réunions sur des sujets spécifiques. Reste à savoir si l'UDI saura se lancer seule dans la bataille dans municipales ou fera alliance avec l'UMP dès le premier tour.

  • blog et pas d'article sur les rythmes scolaires parce que, en l'absence de champ de recherche lexicale, il est impossible de trouver quoi que ce soit sur son blog (et ça fait dix minutes que j'y suis).
  • Twitter : @benoitpernin


Je vous encourage à suivre ces trois profils. Humainement, chacun d'entre eux a la fibre politique au sens noble du terme, voulant améliorer la vie de l'arrondissement et de ceux qui y vivent. Ils se décarcassent, tels des Ducros de la politique, s'investissement à fond dans la vie locale et, contrairement aux parachutistes dotés du don d'ubiquité politique, eux sont capables de situer la rue et le boulevard de Picpus sur une carte, de même que la rue et le boulevard de Reuilly. Et ce n'est pas la moindre de leurs qualités.

mardi 11 juin 2013

Généraliste

Je l'ai rencontré, j'avais 15 ans, j'étais mal dans mes baskets, un peu gauche, trop grosse, une enfant dans un corps de femme. Je ne m'aimais pas et la seule idée qu'un homme me touche, même pour des raisons médicales, m'insupportait. Il était le nouveau médecin de ma mère. Il lui avait été recommandé par un bouche à oreille étrange, issu d'adultères variés, que seule la liberté sexuelle dont jouissait la génération de nos parents autorisait. Le simple fait qu'il fut le médecin de ma mère me rebutait, j'étais adolescente, je n'avais pas du tout envie de partager une quelconque intimité avec un homme qui voyait ma mère nue.

La première fois que je l'ai vu, j'étais revêche, hostile, pas sympa. Mais c'était un médecin, il me fallait un médecin, j'avais la flemme d'en chercher un autre et ma mère, qui s'inquiétait, avait pris rendez-vous pour moi. J'y suis allée, malgré mes réticences. Il était bizarre avec ses bretelles tenant (mal) un pantalon orange en velours côtelé, son oeil qui frisait, son humour juif et ses citations en Yiddish. Il était caustique et ironique et, sans que ce soit contradictoire, il m'a tout de suite prise au sérieux. J'avais besoin qu'on me prenne au sérieux. Il m'a plu.

Il est resté mon médecin depuis. Un généraliste à l'ancienne, qui fait un peu de determato, un peu de gynéco et qui sait envoyer vers les spécialistes quand il faut.

Ma première pilule, il me l'a prescrite. Une pilule de la troisième génération. Le nec plus ultra des pilules. Au moment de cette première prescription, il m'a parlé des dangers, des risques si je fumais, de mes antécédents. C'était il y a... très longtemps. Alors quand on a discuté récemment du dé-remboursement desdites pilules, ça l'a fait rigolé jaune, parce que, lui, les dangers, il les évoque avec chacune de ses patientes depuis 30 ans... et les prises de sang bi-annuelles pour le renouvellement d'ordonnance, c'était pas juste pour faire joli.

Quand, à 18 ans, j'ai cru que je ne pourrai jamais avoir d'enfant, il m'a rassuré, m'a expliqué. Il a fait des schémas, j'ai tout compris.

Quand, à 28 ans, il a fallu me rendre à l'évidence, j'étais cinglée, il a acquiescé avec moi sur un fait que moi seule ne voulais pas voir. M'ayant fait admettre que je ne parviendrai pas à vaincre mes névroses seule, il a eu la bonne idée de ne pas me prescrire des tonnes de petites pilules roses mais m'a envoyé m'allonger sur le divan de Mrs. B., dont l'accent restera à jamais un mystère. Mrs. B. a patiemment dénoué les noeuds dans mon cerveau... et croyez moi, c'était pas de la tarte !

Quand le Doudou et moi avons décidé de nous marier, c'est lui qui nous a reçu pour les certificats nécessaires.

Quand il s'est agi de concevoir les enfants, il a su nous orienter vers le spécialiste es grossesses à risques.

Quand ma thyroïde a déconné, c'est lui qui a su diagnostiquer mon bidule atypique.

Au fil du temps, il a été le médecin du Doudou...  et sa femme, qui partage son cabinet, celui des Poussins. Ma mère lui a confié sous pli scellé ses dernières volontés médicales (à base de "je ne veux pas finir en légume"). Je lui ai fait part de mon statut de donneur d'organes. Mon père l'a vu une fois et, de tous les médecins qu'il a rencontrés pour soigner le mal chronique qui le ronge, il est seul à lui avoir recommandé un truc vaguement efficace.

Il est de ces médecins que certaines personnes traversent tout Paris pour consulter. Une dame dans la salle d'attente m'avait un jour expliqué qu'il lui avait diagnostiqué une maladie qu'aucun autre médecin n'avait vue et que du coup, elle faisait 30 km deux fois par an pour le voir. Une autre dame, anglaise, l'avait choisi parce qu'une troisième dame l'avait recommandé. Car il était aussi le genre de médecin dont les patients vantent les mérites dans la salle d'attente.

Et, grande qualité, il prend à l'heure (ce qui limite aussi la durée des conversations de salle d'attente) ! Tellement à l'heure qu'il vire les patients en retard.

Depuis que ma thyroïde n'en fait qu'à sa tête, je le vois tous les trimestres. Un rendez-vous régulier, muni des résultats d'une prise de sang tout autant régulière.

Et voilà qu'il prend sa retraite !

J'aurais du m'en douter. Le gars était déjà vieux quand j'avais 15 ans. Encore que le vieux d'alors ne devait pas être tellement plus âgé que le moi d'aujourd'hui.

Une page se tourne. Je l'ai vu ce matin pour la dernière fois. Il m'avait prescrit une batterie d'examens avant de partir pour être sûr de laisser ses dossiers en ordre. Il m'a remis le mien. Ma vie médicale tient dans une grosse enveloppe. Je n'ai pas osé regarder.

Il n'a pas de successeur. Il n'a trouvé personne pour reprendre son cabinet. Loyer trop cher, horaires de travail trop longs, charges lourdes, revenus limités, il semblerait que les jeunes médecins hésitent à s'installer à Paris comme médecins généralistes. Ils privilégient la voie hospitalière ou alors se spécialisent et ne veulent plus de ce travail de vrai généraliste pourtant si utile pour créer du lien social et suivre la santé des patients dans la durée.

Il va me falloir trouver un autre médecin.

Celui-là va me manquer. Il aura été mon confident et mon mentor pendant plus de vingt ans...

Je veux ici lui rendre hommage et lui souhaiter, ainsi qu'à sa femme, une belle retraite !

vendredi 31 mai 2013

Mon quartier

Ouhaou !

Presque deux mois sans billet !

Je ne m'en étais pas rendue compte tant j'étais occupée. Je n'ai pas d'excuse si ce n'est beaucoup de ce travail qui m'a obligée à prendre nombre d'avions et de taxis, un manque d'envie d'écrire, de vous raconter ma vie (laquelle était beaucoup liée au travail, dont je ne peux vous parler), des réflexions sur ce que ce blog doit devenir maintenant que les enfants grandissent, ont une vie à eux dont il convient de préserver l'intimité, un besoin de garder pour moi certaines interrogations sur ma vie, celle de mes proches, des envies d'ailleurs, hors du monde virtuel...

Et quand on n'a rien à dire, il vaut mieux ne rien dire.

Et soudain, c'est revenu.

C'est arrivé un matin, une douceur au creux des reins, une envie de nouveau de partager avec vous. Des idées de billets en pagaille...

Alors, voilà, pour reprendre la main doucement, un billet pour rien, un billet promenade dans mon quartier, ce quartier du 12ème arrondissement de Paris que j'aime tant. Un billet de photos prises de l'iphone, de photos qui ne valent rien si ce n'est qu'ensemble, elles montrent ces détails qu'on ne regarde pas.

Qui a dit que Paris était triste et gris ?







 








dimanche 7 avril 2013

Construire sa carrière

Parfois, on me plante sur une estrade, devant une assemblée inconnue, généralement majoritairement féminine, et on me demande comment je construis ma carrière. On insiste aussi pour que je fournisse des trucs et astuces pour réussir une carrière et briser le plafond de verre.

Tu parles de questions !

A toi je peux le dire, lecteur, je ne construis pas une carrière. Je construis une vie.

Et une carrière n'est pas une vie.

Je vais te dire ce que je leur dis, à ces femmes, quand je leur cause de ma vie. Parce que ça peut t'intéresser... et que ça pourra toujours me servir de pense-bête la prochaine fois qu'on me posera la question.


Première règle : il n'y a pas de règle

On n'est pas tous obligés de "faire carrière" au sens classique du terme. Toutes les femmes, tous les hommes n'ont pas envie de devenir calife à la place du calife. La règle up or out (qui veut que si tu ne montes pas dans la hiérarchie, il te faut partir) est une règle idiote. Certains sont très heureux où ils sont, avec ce qu'ils font, le font très bien et n'ont pas envie de changer. 

Ce qu'il faut, c'est se sentir bien dans sa vie à un moment donné. Le travail fait partie de la vie mais n'est pas toute la vie. Moi, par exemple, au début, je voulais monter les échelons très très vite. Je l'ai fait. Et maintenant, je n'ai plus envie de les monter très très vite. Ca reviendra peut-être. 

Il faut qu'on apprenne à respecter les envies et les besoins de chacun et ne pas jauger les parcours des autres à l'aune de nos propres aspirations. 


Deuxième règle : il faut connaitre ses valeurs et fixer ses priorités

Ca m'a pris 38 ans mais maintenant je sais quelles sont mes valeurs. Avant, tel le Sieur Jourdain, je vivais peu ou prou en accord avec ces valeurs mais je ne le savais pas. Depuis qu'on me demande de le formaliser, j'ai du y réfléchir forcément. 

Alors voilà, je vous dis tout. 

Ca tient à mon histoire familiale et personnelle. Chacun a la sienne et donc son propre parcours. En ce qui me concerne c'est désormais assez simple : mon objectif est de finir vieille et encore heureusement mariée avec le Doudou. 

Pour cela, il faut que lui comme moi puissions nous retourner sur nos vies quand nous aurons 80 piges avec la satisfaction du bonheur accompli. Cela suppose qu'aucun de nous n'ait de regret. Ni lui ni moi ne devra avoir le sentiment qu'il aura fait plus de sacrifices que l'autre. Nous devrons nous soutenir, prendre ensemble nos décisions de carrière et respecter les envies et les choix de l'autre. 

Pas facile, hein ! Mais une famille se construit à deux... et, vu le temps passé à travailler, le travail fait partie de la vie de la famille. L'un n'est pas exclusif de l'autre.


Troisième règle : ne pas envisager la retraite et travailler en fonction de ce postulat

A la différence de nos parents, je ne crois pas pouvoir m'arrêter de travailler avant de ne plus en être capable (je vise 70 ou 75 ans), compte tenu de l'état des finances publiques et de mes finances privées. Je me prépare à l'inéluctable : je ne serai jamais rentière. Les baby-boomers sont passés par là ! 

Je conçois donc la vie comme un temps où il faut, chaque jour, trouver le juste équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Je cultive mon jardin privé (où j'ai semé ce blog et quelques autres passions) aussi bien que je cultive les terres agraires de mon employeur. L'un ne va pas sans l'autre. Il y a désormais des ponts entre les deux. Et cela me semble essentiel. 

Des vies linéaires (20 ans d'étude, 40 ans de travail, 20 ans de retraite) doivent désormais être considérées comme de l'histoire que nos enfants étudieront, au même titre que la chute du mur de Berlin, le 11 septembre 2011 ou les révolutions arabes. Notre réalité sera leur passé. 

Dès lors, avoir une vie privée riche permet d'enrichir sa vie professionnelle et de ne pas ressentir la frustration de celui qui se sent dépassé et enfermé dans un travail dont il ne voit pas le bout. 


Quatrième règle : nous aurons plusieurs métiers, plusieurs statuts

Non seulement nous aurons plusieurs employeurs, c'est quasi-certain, mais surtout nos carrières évolueront entre plusieurs métiers, plusieurs statuts. Le temps où l'on entrait employé de bureau et où l'on finissait cadre supérieur dans la même entreprise est révolu. On sera alternativement salarié et indépendant, on bougera, on évoluera, on créera de nouveaux métiers à mesure que de nouveaux besoins apparaitront.

C'est le sens de notre société qui zappe vite mais aussi le moyen de continuer à s'amuser en travaillant. 

Si l'on part du postulat ci-dessus qu'on travaillera jusque très tard, il est essentiel que nous trouvions le moyen de rendre le travail excitant et ludique et que l'on soit prêt à évoluer dans des directions que nous n'imaginions pas en sortant de l'école. 

J'en suis peu ou prou à mon quatrième métier... et jusqu'ici, tout va bien.


Cinquième règle : saisir les opportunités

Je n'ai pas construit ma carrière, je l'ai subie. Pour chaque opportunité professionnelle, j'ai su saisir la main qu'on me tendait, la proposition qu'on me faisait. Certains appellent ça lâcher la proie pour l'ombre, je considère plutôt que j'ai toujours cru que je saurai rebondir et n'ai donc pas hésité à essayer des métiers nouveaux qui n'avaient que 50 à 70 % de rapport avec mon métier précédent.

J'ai accepté ces métiers parce que je présageais que, si j'avais la base, le reste suivrait. Je ne me suis pas trompée.

Et ne venez pas me dire que des opportunités comme ça, vous n'en avez jamais, vous ! Les opportunités ça se crée. Bien gérer ses réseaux. Savoir vendre son travail, lequel ne se vendra pas tout seul. Et les opportunités arrivent.

Ne pas hésiter à parler, à demander, à proposer. La pire des réponses est non. Une telle réponse ne vous met dans une situation ni pire ni meilleure que celle ou vous étiez avant de demander. Alors, voilà, si vous avez une idée, un projet, faites en part à qui cela peut intéresser. On ne sait jamais, ça peut marcher ! 


Maintenant, je vous laisse, j'ai deux-trois décisions importantes à prendre dans les prochains mois, faut que j'en cause au Doudou (cf. deuxième règle).